|
Les patrimoines familiaux vont-ils survivre au XXIe siècle ? Alors que la population française vieillit à grande vitesse et que les nouvelles générations hésitent à faire des enfants, les couples continuent à se former. Mais en matière, il semblerait que les Français signent de moins en moins de CDI.
Selon les compilations des notaires — lesquelles se réfèrent à des études un peu anciennes du ministère de la Justice – il semblerait que les unions libres durent moins de quatre ans. Quant aux Pacs, ils résistent un peu plus de 4 ans et les mariages 16 ans… ces derniers se terminant à 45 % par un divorce.
Il s’agit bien sûr de moyennes et parmi les motifs de fin d’union libres ou pacs figure aussi le mariage. Reste que ces chiffres – qui ont très probablement encore évolué vers des durées plus courtes – incitent à méditer sur la fragilité des patrimoines communs. Qu’il nous semble loin le temps des unions arrangées où une fortune en épousait une autre, dans le but affiché de conforter les empires familiaux.
Cette civilisation de zapping conjugal affiche une certaine incompatibilité avec le développement du patrimoine, lequel a besoin de temps long pour croître et embellir. Ses deux piliers, l’immobilier et les actions, affichent leurs meilleures performances sur la durée. Comment dès lors échafauder des structures patrimoniales solides sur un terrain mouvant ?
Si le pire n’est pas toujours certain, il faut désormais raisonner en anticipant d’éventuelles disputes, séparations et divisions d’actifs mis en commun. Comme un testament ne provoque pas le décès, la répartition claire des apports et des droits de chacun pourra permettre d’éviter l’appauvrissement drastique de l’un, voire des deux partenaires si le chemin à deux s’interrompt prématurément.
Consulter un notaire ou un avocat, rédiger les statuts d’une SCI ou modifier la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie ne préjuge pas d’une rupture. S’organiser devient indispensable, a fortiori lorsque l’union est réalisée de manière informelle.
L’indivision forcée, situation extrêmement inconfortable, n’est pas le seul inconvénient présenté par des patrimoines amalgamés sans précautions. Dans ce cas de figure, il devient souvent impossible d’en prélever des briques sans provoquer sa déconstruction.
@mcsonkin
|